160-Toi mon petit gris! 2 posts


Toi mon petit gris,tu n'es pas là près de moi ce soir,allongé sur l'imprimante, surveillant tout ce qui bouge sur l'écran et le diablotin  qui gesticule  sur la page d'accueil en particulier.J'ai menti à La Dépêche qui m'interrogeait:

"-Es-tu seul pour tenir ce blog?Quelqu'un t'aide t'il?"

"-Personne ne m'aide "ai-je répondu.

Je n'ai pas dis que chaque soir ou presque tu m'assistais silencieusement jusqu'à ce que tu juges que cela suffisait .Alors tu t'installais au bout du lit.
Tu n'es pas non plus dans l'une de tes cachettes où tu te planquais pour avoir la paix le temps d'une longue sieste.Je suis allé partout,sauf au grenier que tu savais rejoindre de l'extérieur en sautant du haut de l'armoire au moindre danger ou pour te planquer lors de mes absences.Il y a trois jours tu jouais avec les feuilles de chêne soufflées par le vent.Elles étaient pour toi autant de souris,tu t'entrainais pour attraper les vraies que tu me ramenais triomphalement dans la maison.

Le matin tu n'acceptais de te lever que si Le Maître avait mis pied à terre.Tu exigeais que je te serve moi même tes croquettes et l'eau fraîche que tu buvais d'une façon très personnelle en plongeant la patte dans l'eau et en lappant sur les poils. .Avant de sortir, il fallait" t'habiller" disait ta maîtresse, c'est à dire te fixer ton collier qui portait un petit grelot et  un tube pour ton identité.Au retour de la première tournée d'inspection du jardin tu léchais une demi-noisette de beurre allégé anticholestérol sur mon doigt.Ta sortie était prudente.Il fallait d'abord s'assurer qu'il n'y avait aucun ennemi avant de sauter d'un bond sur la terrasse.Et les envahisseurs ne manquaient pas!Depuis jeudi soir ,mystérieusement averti,aucun ne s'approche  plus de ton territoire plein d'oiseaux,de mulots et d'écureuils.

D'un regard derrière la porte vitrée tu m'indiquais que tu voulais entrer et le degré d'urgence.On dit que les animaux ne parlent pas,toi tu me parlais,qu'ils n'éprouvent pas de sentiment , tu étais pourtant jaloux du petit garçon dont s'occupe parfois sa grand mère que tu aimais.Ton regard désapprobateur lors de ta dernière soirée me fit comprendre que décidemment je me couche trop tard.Tu me rejoignais parfois pour un bref calin.Point trop n'en faut cependant!

"Comment mon maître et ma maîtresse aux pieds de qui je suis couché peuvent-ils aimer à ce point les voyages,la corrida et la politique et m'aimer à ce point? Ils me traitent beaucoup mieux que ne le sont les petits malheureux du quart monde que j'aperçois à la télé.Lui,m'a t 'il dit ,n'aimait pas les chats, jusqu'à ce que la maîtresse lui apprenne à aimer un certain Bibou avec qui il vécut 16 ans et pour qui une plaque annonce sur le seuil  de la  maison;"Attention,chat gentil!"Ils ont pu laisser la plaque,je l'étais aussi!A sa mort,écrasé sur la route, il avait juré que plus jamais...Trois ans après je suis venu et ce fut le coup de foudre.Nous passions nos soirées tous les deux.

J'aimais leur manie de dresser  souvent de belles tables avec pleins d'invités,  de belles dames douces et parfumées.Elles m'aimaient bien et je préfère les filles.Avant que tous arrivent, je surveillais la nappe et la vaisselle blanche, du haut du bar,je percevais des odeurs de rôti qu'Elle réussi si bien, le bruit des bouchons qu'Il aime faire sauter.Quand ils étaient là je les écoutais rire et discuter,silencieux sans rien dire, allongé sur un tapis.Ils disaient qu'il fait bon être ensemble parents et amis,que la vie est courte,qu'ils avaient de la chance d'avoir de gentils enfants,un bon chat et de fidèles amis.A chaque élection,il était élu.En fait,je le protégeais et il croyait qu'il avait gagné tout seul!Ses copains alors arrivaient et faisaient beaucoup de bruit.On m'enfermait dans les chambres pour que je ne partage pas leurs secrets.J'ai compris peu à peu qu'ils parlaient d'un pays qu'ils appelaient Fraternité.

Je déteste le bruit qui m'affole, l'aspirateur de l'assistante technique ménagére,la tondeuse à gazon,le gros chat jaune qui traverse  le parc et colle des raclées à tous les chats du voisinage.Je n'ai pas peur de la voiture de la maîtresse que j'adore et qui revient chaque vendredi .Je  la sens venir dès qu'Elle est à l'entrée de Cahors.Ni de celle du maître qui m'amène à Capbreton dans mon panier dans lequel j'entre tout seul dès que je comprends que les valises se préparent.Je préfère le panier et un long voyage que d'être seul et abandonné.Ils me manquent tous les deux.Là bas, j'avais de belles planques pour surveiller le gros chien, des toits bas et tarasbicotés, du jardin plein de haies épaisses en surplomb de la route.Je chassais  une foule de petits lézards, les tourterelles lorsqu'elles venaient picorer.Je goûtais le poisson,   là bas sous les pins."

Mon petit gris,mon petit coeur, je suis revenu un quart d'heure trop tard de Cènevières,le chateau où coucha Henri de Navarre.Je n'ai pas le courage de  donner ton nom à ce beau corps encore chaud et souple, avec son collier rouge que je porte dans mes bras.Ton nom  c'était quand je te prenais dans mes bras, 6 kilos de muscles et de poils gris,quand tu ronronnais de bonheur,de santé,de complicité et d'amour.

Ce n'était pas jeudi soir  26 (deux fois 13),vers 20h, 20h10 la voiture de ta maîtresse qui rentrait,ni celle de ton maitre qui ralentissait près du portail.Ces phares n'étaient pas amis.Peut être rentrais tu d'une petite chasse au mulot,de l'autre côté de la route.Tu serais alors victime de ton amour de la liberté,celle qu'aime ton maître et qui, peut être ,un jour, lui sera fatale,aussi.

Marc Baldy





28/10/2006
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